Le slow-entrepreneuriat : ralentir, pour le mieux!

Pour tout te dire, j'avais prévu de ne pas publier d'article pour ce début juillet. La raison ? Assez simple : un manque d'inspiration.

Et voilà qu'Anaelle Sorignet, la fondatrice de "La Révolution des Tortues", par l'intermédiaire de Marion Darras, m'invite à une interview croisée pour parler slow-entrepreneuriat ou slow-business si tu préfères.
Je me suis dit : "C'est marrant, j'ai quand même pas mal de personnes qui m'interrogent sur le sujet..." Ni une ni deux, j'ai trouvé ça intéressant de t'en parler dans un article.

Comme d'habitude, je ne vais pas t'exposer les choses de manière universitaire, mais te parler de ma propre expérience.


SOMMAIRE

D'abord, c'est quoi le slow-entrepreneuriat ?

Comment je suis entrée dans cette démarche slow ?

Je veux quoi de ma vie ?

Déterminer mes besoins

Me fixer des objectifs et gérer mon temps de travail

Gérer mon patrimoine compétences

Comment je me sens, aujourd'hui, dans cette démarche ?

Lien vers le replay de l'interview croisée


D'abord, c'est quoi le slow-entrepreneuriat ?

Pour moi, c'est travailler autrement, en privilégiant le temps-long et le respect de moi-même. C'est travailler moins, mais mieux. C'est organiser un micro-système optimal et vertueux. C'est privilégier la qualité à la quantité.

Comment je suis entrée dans cette démarche slow ?

C'est un faisceau d'éléments qui a fait que Nueva Vista s'inscrit dans une démarche slow.

Je me suis lancée en janvier 2020, en mars le pays se retrouve confiné par la crise COVID.

Autant te dire que ça m'a donné le temps de réfléchir. N'ayant presque aucune mission, j'ai décidé de travailler dur comme fer sur mon entreprise : positionnement, offre, branding, organisation.

À ce moment-là, j'ai pu prendre le temps de me poser les bonnes questions et d'aligner mes planètes pro et perso.

Si le COVID a joué, c'est sur la notion temporelle : je dis aujourd'hui que j'ai gagné trois ans dans la construction de mon business grâce à la crise.

Mais ce qui a été décisif, c'est mon "ADN" : mes valeurs, mes envies, mon caractère. Avec le recul, il me semble que le prérequis principal du slow-entrepreneuriat, c'est cette capacité à se connecter à soi-même, à s'écouter.

Je veux quoi de ma vie ?

Oui, ça commence par là. Sans surprise, on est d'accord.

Perso, le truc non-négociable, c'est que je veux être heureuse. Je n'ai pas du tout envie de me retrouver à me dire à l'aube de mon dernier souffle "Merde ! Attendez ! C'est fini là ?! Tssssss quelle nouille, si j'avais su...".

Être heureuse ça veut dire :

  • me sentir bien dans mes baskets,
  • m'épanouir dans mon travail,
  • donner de l'amour, du temps, et bien plus encore, à mon fiston,
  • être amoureuse,
  • être alignée au quotidien avec mes valeurs,
  • profiter des fêtes, des rires, des partages, des apéros, des balades, de tout ce qui fait que je m'anime dans la joie et la bonne humeur.

Je te rappelle mon mantra, au cas-où tu serais passé.e au travers :

"J'ai décidé d'être heureux, parce que c'est bon pour la santé."

Voltaire.

Du coup, se poser cette question : "Je veux quoi de ma vie ?", c'est aussi se demander : "De quoi j'ai besoin?".

Déterminer mes besoins

Pour écrire son projet professionnel, comme son projet de vie, il est ca-pi-tal de déterminer ses besoins !

Et c'est ce que j'ai fait. J'ai couché sur papier mon top five existentiel :

1- Gérer mon propre temps

Pour me sentir bien dans mes baskets, j'ai besoin d'être la Reine du Temps. C'est comme ça. Quand j'étais salariée, les horaires imposés étaient très durs pour moi. M'y plier était une énorme source de frustration. Attention, je ne parle pas de "bosser 3 heures au lieu de 7". Je parle de "bosser comme il faut, au moment où il faut pour moi."

Tiens, je vais en profiter pour dézinguer un début de croyance populaire : les adeptes du slow-business ne sont pas de grosses feignasses proches des hippies des seventies. Au contraire, je dirais que ce sont des personnes ultra-efficaces, on en reparle plus loin.

2- Être présente à la maison, partager du temps en famille

Je souhaite être une maman présente. Je veux vivre pleinement avec mon fiston et partager du temps avec lui. Nous voulons lui offrir une vie la plus agréable possible. De fait, il ne mange pas à la cantine et il ne fait pas de garderie.

J'aime aussi pouvoir gérer notre quotidien pour une vie agréable au long cours (tu sais la partie ménage, courses, préparer les repas...).

Et j'adore être en week-end avec ma tribu. Oui, t'as bien compris : les samedis et les dimanches, c'est off de chez off 🙂

3- Gagner suffisamment d'argent

Cette question d'argent est extrêmement subjective : notre confort n'est pas celui des autres !

J'ai tout simplement calculé combien il fallait que je gagne à minima pour que nous vivions correctement, sans nous priver. Nos grosses sorties d'argent sont les remboursements de notre emprunt immobilier et de notre emprunt sur notre van aménagé, ainsi que les courses alimentaires. Nous ne sommes pas des "consom'addict", nous réfléchissons toujours à nos achats (tu sais la méthode BISOU) et je peux dire que nous avons des goûts simples.

Eh oui, je préfère partir 3 semaines en vacances dans un camping à la ferme dans le Périgord que d'aller dans un hôtel 5 étoiles à Malte... C'est comme ça hein, les goûts et les couleurs...

4- Produire un travail de qualité

C'est quelque chose de très important pour moi. J'ai une réflexion de longue date sur la notion du Travail. Je ne me rappelle plus de ma note au bac de philo, mais si le sujet avait tourné autour du Travail, j'aurais eu un petit 18, j'en suis sûre 😉

L'indépendance te permet mieux de gérer ça : la qualité. C'est toi qui décides des moyens que tu mets en place, qui décides de la manière dont tu souhaites accompagner tes clients.

"Produire moins mais mieux, travailler moins mais mieux."

Je n'avais pas envie d'avoir 10 clients à la fois, pour la simple raison que je ne me sens pas capable d'en accompagner autant comme il se doit.

3 clients en même temps, c'est la limite que je me fixe. Ça me permet d'être dans le temps-long, c'est-à-dire que je n'expédie pas mes missions. Pour une créative, le temps-long, c'est essentiel. C'est ce qui me permet de passer plus de temps sur la compréhension du projet, les recherches, l'analyse et la conceptualisation. Je ne crois pas que tu puisses faire de Design Thinking sur des missions express. Ce que je produis, je veux que ça offre une vraie solution, que ça dure dans le temps et que ce soit de qualité. Pour ça bah... pas le choix : faut réfléchir! Et la réflexion, c'est du temps.

J'ai donc choisi de travailler sur moins de missions, mais qui sont plus rémunératrices.

5- Respecter les gens et la planète

J'ai besoin de faire quelque chose de ma vie qui respecte le vivant. Je veux porter une attention à mon impact, dans ma vie perso comme dans ma vie pro. Pour ça, je m'inscris dans une démarche RSE pour améliorer mes façons de faire.

Une fois que j'ai eu déterminé ces besoins, les pièces du puzzle ne demandaient qu'à être assemblées...

Me fixer des objectifs et gérer mon temps de travail

Je t'avoue, j'ai eu un moment de flottement sur la gestion de mon temps de travail. Je me sentais complétement débordée, jusqu'au jour où j'ai posé sur papier les heures effectives où je pouvais travailler. Je croyais que j'en avais 35. Je me suis rendu compte que j'en avais 26... Bah ouais meuf, tu peux pas gérer ton gosse le midi, certaines fin d'aprèm et le mercredi matin, avoir tes week-ends, une maison rangée et agréable, et 35 heures de travail. Pas possible ❌ 🤦‍♀️

J'avais confondu "organiser mon temps de travail" avec "gérer mon temps de travail" : tu peux tout à fait te surcharger quand bien même tu es ultra organisée.

Je me rappelle que c'est à ce moment-là que j'ai fait un énorme bond en avant. Parce qu'au lieu de me dire : "Haaaaan ça le fera jamais!!!", je me suis dit : "Ok Gaële, faut t'organiser autrement pour atteindre tes objectifs."

Oui, je me parle souvent.

Ça m'a obligé :

  • à vraiment formaliser mes objectifs. Oui, je sais que tu sais de quoi je parle 🙄
    Vraiment formaliser, ça veut dire les mettre noir sur blanc quelque part. Et SMART les objectifs : spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes, temporels.
    Par exemple :
    👉 je veux faire 35000 € de chiffre d'affaires cette année
    👉 je veux avoir trois clients dans mon coeur de cible sur le semestre
    👉 je veux réaliser au moins 5 sites internet dans l'année
  • à trier et organiser mes tâches en blocs de temps de travail pour être plus efficace :
    👉 missions clients
    👉 administratif
    👉 marketing/stratégie de contenu
    👉 communication
    👉 formation

C'est à ce moment-là que j'ai commencé à utiliser Notion. Mon extension de mémoire vive. Mon deuxième cerveau.

Le slow-entrepreneuriat demande beaucoup de rigueur pour être efficace. Cette rigueur te permet d'être focus sur tes objectifs, donc sur les actions à mener pour les atteindre. En fait, l'ennemi numéro un du slow-business, c'est l'éparpillement. Tu connais ? Moi aussi j'ai connu, et je peux te dire qu'en me focalisant sur mon plan de route, j'ai décuplé mon efficacité professionnelle.

Alors, oui, j'ai dû trier mes idées et accepter de ne pas pouvoir tout faire. C'est parfois frustrant, mais ça m'a permis d'atteindre mes objectifs, et ça, ça booste à donf.

Il y a encore des gens dans la salle qui disent "à donf" ?

Être slow-entrepreneur.e, c'est tout mettre en œuvre pour produire de manière efficiente.

(Note : "L'efficacité ne doit pas être confondue avec l'efficience qui est la capacité de parvenir à un maximum de résultats avec un minimum de ressources. Une action peut être efficace, mais pas efficiente si elle utilise des moyens disproportionnés." Source)

Gérer mon patrimoine compétences

Je suis intimement convaincue que les grands slow-entrepreneur.es ont une vision très claire de leurs compétences. Ils ou elles savent prendre du recul sur leurs capacités et leurs marges de progression. C'est en maîtrisant ton patrimoine compétences que tu seras à même d'avoir ta vision d'entreprise. Et j'ai le sentiment que la réussite d'une slow-entreprise passe par une vision long-termiste.

Capitaliser sur les compétences que j'ai déjà

Connaître ses acquis ça peut paraître bateau, mais ce n'est pas si simple que ça finalement. Je me suis rendu compte avoir des compétences que je ne soupçonnais pas. L'inverse est vrai aussi : j'ai déjà cru avoir une compétence, pourtant, en creusant un peu, je me suis aperçue que j'étais bancale sur le sujet.

Dans les compétences que tu es certain.e d'avoir, capitalise celles qui serviront tes objectifs. Tu verras, tu pourrais être surpris.e ! Moi par exemple, je n'avais pas du tout envisagé que mes compétences d'analyste allaient déployer une force stratégique dans mes offres.

Améliorer mes compétences plus fragiles ou dans lesquelles je manque d'expérience

Lorsque je m'aperçois que je suis light par endroits pour servir mes objectifs, alors j'y travaille!

J'échange aussi beaucoup avec mes pairs : c'est un moyen incroyable pour progresser.

Et, bien sûr, je teste, j'essaie, je rate, je recommence... L'expérience de terrain, la pratique, il n'y a que ça de vrai !

En acquérir de nouvelles pour renforcer les autres, et se faire plaisir !

Si je vois qu'il me manque une compétence importante pour le développement de mon projet d'entreprise, de ma vision, alors je me forme.

Ça peut être aussi pour le plaisir. Mais, d'expérience, quand il y a de l'envie et du plaisir, c'est que je vais en faire quelque chose 😉

Comment je me sens, aujourd'hui, dans cette démarche ?

Merveilleusement bien 😊

J'ai gagné en sérénité, je suis beaucoup moins stressée, et, surtout, je me sens "droite dans mes bottes". J'ai compris que je pouvais travailler moins en concentrant mes efforts. J'ai accepté que je ne pouvais pas tout faire. Je peux dire que j'ai gagné en maturité : entrepreneuriale et spirituelle. Cette maturité m'offre une prise de recul nécessaire à mon équilibre.

Alors, oui, les résultats sont plus longs à venir, on ne va pas se mentir. Mais une fois qu'ils sont là, ils sont pérennes et savoureux 😄 ça vaut le coup d'être patient.e.

Ce que je retiens comme idée forte dans cette démarche de ralentir, c'est que c'est un cheminement. J'ai appris beaucoup de choses en un an et demi. J'ai appris sur moi-même, tout en acceptant parfois certaines réalités désagréables, avec bienveillance. Mais cette transparence avec moi-même, cette introspection, me permet aujourd'hui d'être fière de ce que je fais, et de comment je le fais.

Pour poursuivre après cet article, tu peux aller voir le replay de l'interview dont je te parle au début, c'est sur le groupe Facebook La Forêt des Possibles ! C'était un moment très sympa avec Marion Darras, Anaelle Sorignet et Amélie Canhan, où on a balayé plusieurs notions phares sur le sujet.

On peut aussi continuer d'en parler en commentaires, et d'échanger sur le sujet 😉

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florie

C'est l'article que j'attendais !
Je me reconnais totalement dans ce que tu écris même si je n'en suis qu'au tout début de l'aventure. Tu es en train de devenir une de mes inspirations principales du moment, merci !

Alice

Mais tellement ! Je suis à donf avec toi ! 😀

J'ai toujours été slow entrepreneuse mais ne jamais être prise au sérieux, être prise pour une feignasse, ou pour quelqu'un qui s'écoute trop est fatiguant sur le long terme, ça finit par entrer dans ta petite tête et se transformer en conviction. Difficile de surmonter ça.
Mais j'y crois. Et je suis convaincue que c'est l'avenir, que "tu es entrepreneur tu ne dois pas avoir de vie" est hérité des début de l'ère industrielle. Si on a tous ces outils pour bosser à notre place, c'est pour profiter du temps libre, non ? Bref, c'est tout un débat (fréquemment abordé dans l'excellent Socialter) !

Tout ça pour dire : yesssss je suis entièrement d'accord (j'ai du boulot d'organisation et de reformatage de cerveau énorme qui m'attend… Dailleurs, ça pourrait être un thème de note ? Des conseils de reformatage ? :D)

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