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Le slow-entrepreneuriat : ralentir, pour le mieux !

5 Juil 21 | Entreprendre autrement

Prendre du temps pour soi

Pour tout te dire, j’avais prĂ©vu de ne pas publier d’article pour ce dĂ©but juillet. La raison ? Assez simple : un manque d’inspiration.

Et voilĂ  qu’Anaelle Sorignet, la fondatrice de “La RĂ©volution des Tortues”, par l’intermĂ©diaire de Marion Darras, m’invite Ă  une interview croisĂ©e pour parler slow-entrepreneuriat ou slow-business si tu prĂ©fĂšres.
Je me suis dit : “C’est marrant, j’ai quand mĂȘme pas mal de personnes qui m’interrogent sur le sujet…” Ni une ni deux, j’ai trouvĂ© ça intĂ©ressant de t’en parler dans un article.

Comme d’habitude, je ne vais pas t’exposer les choses de maniĂšre universitaire, mais te parler de ma propre expĂ©rience.


SOMMAIRE

D’abord, c’est quoi le slow-entrepreneuriat ?

Comment je suis entrée dans cette démarche slow ?

Je veux quoi de ma vie ?

DĂ©terminer mes besoins

Me fixer des objectifs et gérer mon temps de travail

Gérer mon patrimoine compétences

Comment je me sens, aujourd’hui, dans cette dĂ©marche ?

Lien vers le replay de l’interview croisĂ©e


D’abord, c’est quoi le slow-entrepreneuriat ?

Pour moi, c’est travailler autrement, en privilĂ©giant le temps-long et le respect de moi-mĂȘme. C’est travailler moins, mais mieux. C’est organiser un micro-systĂšme optimal et vertueux. C’est privilĂ©gier la qualitĂ© Ă  la quantitĂ©.

Comment je suis entrée dans cette démarche slow ?

C’est un faisceau d’Ă©lĂ©ments qui a fait que Nueva Vista s’inscrit dans une dĂ©marche slow.

Je me suis lancée en janvier 2020, en mars le pays se retrouve confiné par la crise COVID.

Autant te dire que ça m’a donnĂ© le temps de rĂ©flĂ©chir. N’ayant presque aucune mission, j’ai dĂ©cidĂ© de travailler dur comme fer sur mon entreprise : positionnement, offre, branding, organisation.

À ce moment-lĂ , j’ai pu prendre le temps de me poser les bonnes questions et d’aligner mes planĂštes pro et perso.

Si le COVID a jouĂ©, c’est sur la notion temporelle : je dis aujourd’hui que j’ai gagnĂ© trois ans dans la construction de mon business grĂące Ă  la crise.

Mais ce qui a Ă©tĂ© dĂ©cisif, c’est mon “ADN” : mes valeurs, mes envies, mon caractĂšre. Avec le recul, il me semble que le prĂ©requis principal du slow-entrepreneuriat, c’est cette capacitĂ© Ă  se connecter Ă  soi-mĂȘme, Ă  s’Ă©couter.

Je veux quoi de ma vie ?

Oui, ça commence par lĂ . Sans surprise, on est d’accord.

Perso, le truc non-nĂ©gociable, c’est que je veux ĂȘtre heureuse. Je n’ai pas du tout envie de me retrouver Ă  me dire Ă  l’aube de mon dernier souffle “Merde ! Attendez ! C’est fini lĂ  ?! Tssssss quelle nouille, si j’avais su…”.

Être heureuse ça veut dire :

  • me sentir bien dans mes baskets,
  • m’Ă©panouir dans mon travail,
  • donner de l’amour, du temps, et bien plus encore, Ă  mon fiston,
  • ĂȘtre amoureuse,
  • ĂȘtre alignĂ©e au quotidien avec mes valeurs,
  • profiter des fĂȘtes, des rires, des partages, des apĂ©ros, des balades, de tout ce qui fait que je m’anime dans la joie et la bonne humeur.

Je te rappelle mon mantra, au cas-oĂč tu serais passĂ©.e au travers :

“J’ai dĂ©cidĂ© d’ĂȘtre heureux, parce que c’est bon pour la santĂ©.”

Voltaire.

Du coup, se poser cette question : “Je veux quoi de ma vie ?”, c’est aussi se demander : “De quoi j’ai besoin?”.

DĂ©terminer mes besoins

Pour écrire son projet professionnel, comme son projet de vie, il est ca-pi-tal de déterminer ses besoins !

Et c’est ce que j’ai fait. J’ai couchĂ© sur papier mon top five existentiel :

1- GĂ©rer mon propre temps

Pour me sentir bien dans mes baskets, j’ai besoin d’ĂȘtre la Reine du Temps. C’est comme ça. Quand j’Ă©tais salariĂ©e, les horaires imposĂ©s Ă©taient trĂšs durs pour moi. M’y plier Ă©tait une Ă©norme source de frustration. Attention, je ne parle pas de “bosser 3 heures au lieu de 7”. Je parle de “bosser comme il faut, au moment oĂč il faut pour moi.”

Tiens, je vais en profiter pour dézinguer un début de croyance populaire : les adeptes du slow-business ne sont pas de grosses feignasses proches des hippies des seventies. Au contraire, je dirais que ce sont des personnes ultra-efficaces, on en reparle plus loin.

2- Être prĂ©sente Ă  la maison, partager du temps en famille

Je souhaite ĂȘtre une maman prĂ©sente. Je veux vivre pleinement avec mon fiston et partager du temps avec lui. Nous voulons lui offrir une vie la plus agrĂ©able possible. De fait, il ne mange pas Ă  la cantine et il ne fait pas de garderie.

J’aime aussi pouvoir gĂ©rer notre quotidien pour une vie agrĂ©able au long cours (tu sais la partie mĂ©nage, courses, prĂ©parer les repas…).

Et j’adore ĂȘtre en week-end avec ma tribu. Oui, t’as bien compris : les samedis et les dimanches, c’est off de chez off 🙂

3- Gagner suffisamment d’argent

Cette question d’argent est extrĂȘmement subjective : notre confort n’est pas celui des autres !

J’ai tout simplement calculĂ© combien il fallait que je gagne Ă  minima pour que nous vivions correctement, sans nous priver. Nos grosses sorties d’argent sont les remboursements de notre emprunt immobilier et de notre emprunt sur notre van amĂ©nagĂ©, ainsi que les courses alimentaires. Nous ne sommes pas des “consom’addict”, nous rĂ©flĂ©chissons toujours Ă  nos achats (tu sais la mĂ©thode BISOU) et je peux dire que nous avons des goĂ»ts simples.

Eh oui, je prĂ©fĂšre partir 3 semaines en vacances dans un camping Ă  la ferme dans le PĂ©rigord que d’aller dans un hĂŽtel 5 Ă©toiles Ă  Malte… C’est comme ça hein, les goĂ»ts et les couleurs…

4- Produire un travail de qualité

C’est quelque chose de trĂšs important pour moi. J’ai une rĂ©flexion de longue date sur la notion du Travail. Je ne me rappelle plus de ma note au bac de philo, mais si le sujet avait tournĂ© autour du Travail, j’aurais eu un petit 18, j’en suis sĂ»re 😉

L’indĂ©pendance te permet mieux de gĂ©rer ça : la qualitĂ©. C’est toi qui dĂ©cides des moyens que tu mets en place, qui dĂ©cides de la maniĂšre dont tu souhaites accompagner tes clients.

“Produire moins mais mieux, travailler moins mais mieux.”

Je n’avais pas envie d’avoir 10 clients Ă  la fois, pour la simple raison que je ne me sens pas capable d’en accompagner autant comme il se doit.

3 clients en mĂȘme temps, c’est la limite que je me fixe. Ça me permet d’ĂȘtre dans le temps-long, c’est-Ă -dire que je n’expĂ©die pas mes missions. Pour une crĂ©ative, le temps-long, c’est essentiel. C’est ce qui me permet de passer plus de temps sur la comprĂ©hension du projet, les recherches, l’analyse et la conceptualisation. Je ne crois pas que tu puisses faire de Design Thinking sur des missions express. Ce que je produis, je veux que ça offre une vraie solution, que ça dure dans le temps et que ce soit de qualitĂ©. Pour ça bah… pas le choix : faut rĂ©flĂ©chir! Et la rĂ©flexion, c’est du temps.

J’ai donc choisi de travailler sur moins de missions, mais qui sont plus rĂ©munĂ©ratrices.

5- Respecter les gens et la planĂšte

J’ai besoin de faire quelque chose de ma vie qui respecte le vivant. Je veux porter une attention Ă  mon impact, dans ma vie perso comme dans ma vie pro. Pour ça, je m’inscris dans une dĂ©marche RSE pour amĂ©liorer mes façons de faire.

Une fois que j’ai eu dĂ©terminĂ© ces besoins, les piĂšces du puzzle ne demandaient qu’Ă  ĂȘtre assemblĂ©es…

Me fixer des objectifs et gérer mon temps de travail

Je t’avoue, j’ai eu un moment de flottement sur la gestion de mon temps de travail. Je me sentais complĂ©tement dĂ©bordĂ©e, jusqu’au jour oĂč j’ai posĂ© sur papier les heures effectives oĂč je pouvais travailler. Je croyais que j’en avais 35. Je me suis rendu compte que j’en avais 26… Bah ouais meuf, tu peux pas gĂ©rer ton gosse le midi, certaines fin d’aprĂšm et le mercredi matin, avoir tes week-ends, une maison rangĂ©e et agrĂ©able, et 35 heures de travail. Pas possible ❌ đŸ€Šâ€â™€ïž

J’avais confondu “organiser mon temps de travail” avec “gĂ©rer mon temps de travail” : tu peux tout Ă  fait te surcharger quand bien mĂȘme tu es ultra organisĂ©e.

Je me rappelle que c’est Ă  ce moment-lĂ  que j’ai fait un Ă©norme bond en avant. Parce qu’au lieu de me dire : “Haaaaan ça le fera jamais!!!”, je me suis dit : “Ok GaĂ«le, faut t’organiser autrement pour atteindre tes objectifs.”

Oui, je me parle souvent.

Ça m’a obligĂ© :

  • Ă  vraiment formaliser mes objectifs. Oui, je sais que tu sais de quoi je parle 🙄
    Vraiment formaliser, ça veut dire les mettre noir sur blanc quelque part. Et SMART les objectifs : spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes, temporels.
    Par exemple :
    👉 je veux faire 35000 € de chiffre d’affaires cette annĂ©e
    👉 je veux avoir trois clients dans mon coeur de cible sur le semestre
    👉 je veux rĂ©aliser au moins 5 sites internet dans l’annĂ©e
  • Ă  trier et organiser mes tĂąches en blocs de temps de travail pour ĂȘtre plus efficace :
    👉 missions clients
    👉 administratif
    👉 marketing/stratĂ©gie de contenu
    👉 communication
    👉 formation

C’est Ă  ce moment-lĂ  que j’ai commencĂ© Ă  utiliser Notion. Mon extension de mĂ©moire vive. Mon deuxiĂšme cerveau.

Le slow-entrepreneuriat demande beaucoup de rigueur pour ĂȘtre efficace. Cette rigueur te permet d’ĂȘtre focus sur tes objectifs, donc sur les actions Ă  mener pour les atteindre. En fait, l’ennemi numĂ©ro un du slow-business, c’est l’Ă©parpillement. Tu connais ? Moi aussi j’ai connu, et je peux te dire qu’en me focalisant sur mon plan de route, j’ai dĂ©cuplĂ© mon efficacitĂ© professionnelle.

Alors, oui, j’ai dĂ» trier mes idĂ©es et accepter de ne pas pouvoir tout faire. C’est parfois frustrant, mais ça m’a permis d’atteindre mes objectifs, et ça, ça booste Ă  donf.

Il y a encore des gens dans la salle qui disent “Ă  donf” ?

Être slow-entrepreneur.e, c’est tout mettre en Ɠuvre pour produire de maniĂšre efficiente.

(Note : “L’efficacitĂ© ne doit pas ĂȘtre confondue avec l’efficience qui est la capacitĂ© de parvenir Ă  un maximum de rĂ©sultats avec un minimum de ressources. Une action peut ĂȘtre efficace, mais pas efficiente si elle utilise des moyens disproportionnĂ©s.” Source)

Gestion du temps en slow business Nueva Vista

Gérer mon patrimoine compétences

Je suis intimement convaincue que les grands slow-entrepreneur.es ont une vision trĂšs claire de leurs compĂ©tences. Ils ou elles savent prendre du recul sur leurs capacitĂ©s et leurs marges de progression. C’est en maĂźtrisant ton patrimoine compĂ©tences que tu seras Ă  mĂȘme d’avoir ta vision d’entreprise. Et j’ai le sentiment que la rĂ©ussite d’une slow-entreprise passe par une vision long-termiste.

Capitaliser sur les compĂ©tences que j’ai dĂ©jĂ 

ConnaĂźtre ses acquis ça peut paraĂźtre bateau, mais ce n’est pas si simple que ça finalement. Je me suis rendu compte avoir des compĂ©tences que je ne soupçonnais pas. L’inverse est vrai aussi : j’ai dĂ©jĂ  cru avoir une compĂ©tence, pourtant, en creusant un peu, je me suis aperçue que j’Ă©tais bancale sur le sujet.

Dans les compĂ©tences que tu es certain.e d’avoir, capitalise celles qui serviront tes objectifs. Tu verras, tu pourrais ĂȘtre surpris.e ! Moi par exemple, je n’avais pas du tout envisagĂ© que mes compĂ©tences d’analyste allaient dĂ©ployer une force stratĂ©gique dans mes offres.

AmĂ©liorer mes compĂ©tences plus fragiles ou dans lesquelles je manque d’expĂ©rience

Lorsque je m’aperçois que je suis light par endroits pour servir mes objectifs, alors j’y travaille!

J’Ă©change aussi beaucoup avec mes pairs : c’est un moyen incroyable pour progresser.

Et, bien sĂ»r, je teste, j’essaie, je rate, je recommence… L’expĂ©rience de terrain, la pratique, il n’y a que ça de vrai !

En acquérir de nouvelles pour renforcer les autres, et se faire plaisir !

Si je vois qu’il me manque une compĂ©tence importante pour le dĂ©veloppement de mon projet d’entreprise, de ma vision, alors je me forme.

Ça peut ĂȘtre aussi pour le plaisir. Mais, d’expĂ©rience, quand il y a de l’envie et du plaisir, c’est que je vais en faire quelque chose 😉

Comment je me sens, aujourd’hui, dans cette dĂ©marche ?

Merveilleusement bien 😊

J’ai gagnĂ© en sĂ©rĂ©nitĂ©, je suis beaucoup moins stressĂ©e, et, surtout, je me sens “droite dans mes bottes”. J’ai compris que je pouvais travailler moins en concentrant mes efforts. J’ai acceptĂ© que je ne pouvais pas tout faire. Je peux dire que j’ai gagnĂ© en maturitĂ© : entrepreneuriale et spirituelle. Cette maturitĂ© m’offre une prise de recul nĂ©cessaire Ă  mon Ă©quilibre.

Alors, oui, les rĂ©sultats sont plus longs Ă  venir, on ne va pas se mentir. Mais une fois qu’ils sont lĂ , ils sont pĂ©rennes et savoureux 😄 ça vaut le coup d’ĂȘtre patient.e.

Ce que je retiens comme idĂ©e forte dans cette dĂ©marche de ralentir, c’est que c’est un cheminement. J’ai appris beaucoup de choses en un an et demi. J’ai appris sur moi-mĂȘme, tout en acceptant parfois certaines rĂ©alitĂ©s dĂ©sagrĂ©ables, avec bienveillance. Mais cette transparence avec moi-mĂȘme, cette introspection, me permet aujourd’hui d’ĂȘtre fiĂšre de ce que je fais, et de comment je le fais.

Pour poursuivre aprĂšs cet article, tu peux aller voir le replay de l’interview dont je te parle au dĂ©but, c’est sur le groupe Facebook La ForĂȘt des Possibles ! C’Ă©tait un moment trĂšs sympa avec Marion Darras, Anaelle Sorignet et AmĂ©lie Canhan, oĂč on a balayĂ© plusieurs notions phares sur le sujet.

On peut aussi continuer d’en parler en commentaires, et d’Ă©changer sur le sujet 😉

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4 Commentaires
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florie

C’est l’article que j’attendais !
Je me reconnais totalement dans ce que tu Ă©cris mĂȘme si je n’en suis qu’au tout dĂ©but de l’aventure. Tu es en train de devenir une de mes inspirations principales du moment, merci !

Alice

Mais tellement ! Je suis à donf avec toi ! 😀

J’ai toujours Ă©tĂ© slow entrepreneuse mais ne jamais ĂȘtre prise au sĂ©rieux, ĂȘtre prise pour une feignasse, ou pour quelqu’un qui s’Ă©coute trop est fatiguant sur le long terme, ça finit par entrer dans ta petite tĂȘte et se transformer en conviction. Difficile de surmonter ça.
Mais j’y crois. Et je suis convaincue que c’est l’avenir, que “tu es entrepreneur tu ne dois pas avoir de vie” est hĂ©ritĂ© des dĂ©but de l’Ăšre industrielle. Si on a tous ces outils pour bosser Ă  notre place, c’est pour profiter du temps libre, non ? Bref, c’est tout un dĂ©bat (frĂ©quemment abordĂ© dans l’excellent Socialter) !

Tout ça pour dire : yesssss je suis entiĂšrement d’accord (j’ai du boulot d’organisation et de reformatage de cerveau Ă©norme qui m’attend
 Dailleurs, ça pourrait ĂȘtre un thĂšme de note ? Des conseils de reformatage ? :D)

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